Incontro Preparatorio del Comitato per il Forum

"Fede, Cultura, Sviluppo"

Abidjan 10-11 Luglio 2012

Al fine di preparare e stimolare un  dibattito ecclesiale e culturale in grado di giocare un ruolo internazionale nella definizione delle politiche culturali per il bene del continente e dei paesi dell'Africa, il Pontificio Consiglio della Cultura, nella persona del Segretario africano, mons. Barthélemy Adoukonou, e  insieme ad altri istituti ecclesiali, ha organizzato un incontro ad Abidjan nel mese di luglio 2012. Il seguente rapporto (in francese) fornisce i dettagli di questa prima fase di sviluppo del corpo dettagliato altrove.

Dans le cadre de la préparation des Assises du Forum «Foi, Culture et Développement» à Dar-es-Salam (novembre 2012), le Comité de pilotage par presiedere Em figlio. Théodore Adrien Cardinale Sarr, 1er Vice Président du SCEAM, s'est Reuni avec le Représentant du Conseil Pontificio della Cultura, Figlio IVA escl. Mons. Barthélemy Adoukonou (Secrétaire du Dicastère), Au Centre de CERAO Pastorale et Missione à Abidjan les 10 et 11 juillet 2012.


Etaient présents :

-          Son Em. Théodore Adrien Cardinal SARR, SCEAM

-          Son Exc. Mgr Barthélemy ADOUKONOU, CPC Rome

-          Père Joseph KOMAKOMA, SCEAM

-          Père Edouard ADE, BENIN

-          Père Léonard SANTEDI, RD CONGO

-          Sr Teresa OKURE, NIGERIA

-          Fr Hilaire RAHARILALAO, MADAGASCAR

-          Mr Benedict ASSOROW, SCEAM

-          Père Charles WHANNOU, CCPM Abidjan

Le Père Anthony MAKUNDE (TANZANIE) n’a pu faire le déplacement pour un retard dans l’obtention du visa de séjour en Côte d’Ivoire. Les autres membres du Comité empêchés pour diverses raisons n’ont pu faire le déplacement.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été rehaussée par la présence et les paroles d’encouragement de leurs Exc. Mgr Jean-Pierre KUTWA, Archevêque d’Abidjan, et Mgr Ambroise MADTHA, Nonce Apostolique.

Pour le premier, l’une des tâches les plus importantes attendues du Forum continental dont les jalons vont être posés à Dar-es-Salam, est de mettre au centre de l’action sociale et politique des fidèles laïcs la dimension éthique de la culture sans laquelle la culture se transforme en instrument d’appauvrissement  de l’humanité. Or la fin de la culture est le développement intégral de la personne, le bien de la communauté  et celui du genre humain tout entier (cf. GS 59).

Pour le deuxième prélat, l’initiative du Forum est de la plus grande importance pour l’Afrique dont le développement ne saurait être pensé sans la culture. Les deux ordres de réalité sont intrinsèquement liés : la culture, pour progresser, a besoin d’un développement, et le développement ne peut se faire en l’absence de progrès culturel. La grande question soulevée par le Nonce est la suivante : « L’Afrique a-t-elle perdu son identité et ses valeurs culturelles pour que son développement soit encore à la traîne ? N’a-t-elle pas son sous-sol très riche pour porter à maturité son identité propre ? Assurément qu’elle en dispose. Alors, pourquoi son développement tarde-t-il ? » S’appuyant sur François d’Adesky, et sans doute s’inspirant de l’exemple de son propre pays d’origine, l’Inde, le Nonce répond que le blocage au niveau du développement en Afrique est d’ordre culturel. L’Afrique doit faire face d’une part, à la diversité de ses traditions culturelles avec la nécessité de les fédérer pour obtenir une vision commune et, d’autre part, à l’influence de la mondialisation qui prend le relai de la colonisation dans le phénomène d’acculturation accéléré que subit l’Afrique depuis des siècles.

Dans son allocution d’ouverture de l’atelier de travail, le Cardinal SARR a indiqué la finalité du Forum en création :

Le Forum « Foi, Culture et Développement » consacrera une profonde aspiration à voir naître, pour les hommes et femmes d’Afrique et de la Diaspora noire,  un cadre d’échanges, en vue de la promotion d’un développement intégral du Continent ; développement qui soit pensé par ses fils et filles et pour eux, et en s’appuyant sur les richesses de leur culture et de leur foi chrétienne.

Le Forum sera aussi, pour le Conseil Pontifical de la Culture et la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, une instance de dialogue avec les Eglises du Continent africain.

Le Forum sera un organe de dialogue interne de l’Eglise en Afrique, mais aussi de dialogue de l’Eglise africaine avec les hommes et femmes de culture et science, les hommes d’Etat, sur les questions religieuses, culturelles, politiques, sociales, éthiques et économiques, avec leurs interconnexions.

Après la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire du Comité, le Père Edouard ADE, a présenté la synthèse des travaux d’Abidjan (septembre 2010) et de Cotonou (février 2011). Si à Abidjan, les participants au Colloque de lancement du projet du Forum ont eu à explorer des ensembles thématiques majeurs pour comprendre le lien entre Culture et Développement, à Cotonou, il s’est agi pour le Comité de pilotage mis sur pied à Abidjan de préparer le colloque de constitution du sujet ecclésial qui animera le Forum.

 Cette présentation a donné lieu à un échange nourri entre les membres du Comité. Il a été rappelé les décisions prises par le Conseil Permanent du SCEAM sur le Forum à Accra en octobre 2010, à Dakar en février 2011 et à Rome en février 2012. Mais la question qui a surtout préoccupé les membres du Comité est l’objectif de la rencontre de Dar-es-Salam. S’agit-il déjà de la constitution du Forum ou encore d’une phase intermédiaire à la tenue de ce Forum ?

Deux compréhensions de l’idée de Forum sont ici en jeu :

-          Le Forum comme sujet ecclésial de dialogue avec les diverses instances ecclésiales (Saint-Siège notamment) et avec le monde de la culture en Afrique

-          Le Forum comme mise en œuvre de ce dialogue (rencontres périodiques instituées entre le Sujet ecclésial et le monde de la culture).

Pris dans la première acception de sujet ecclésial, le Forum sera une réalité à Dar-es-Salam en novembre 2012 puisque toutes les régions du SCEAM y sont invitées et le Secrétariat du SCEAM veillera à ce qu’elles soient effectivement représentées. A cette rencontre, les premiers textes précisant la nature et le fonctionnement du Forum seront finalisés pour être soumis au Conseil Permanent du SCEAM. Il en sera de même des propositions pour une équipe d’animation du Forum. En tout état de cause, il faudra tout faire pour que la rencontre de Dar-es-Salam ne soit pas simplement une réplique d’Abidjan.

Pris dans le deuxième sens d’une grande rencontre de dialogue avec le monde de la culture, le Forum reste en préparation. Et Dar-es-Salam représentera à cet égard une étape importante dans la mesure où là seront clairement identifiés les partenaires de dialogue et le mode de rencontres avec eux.

Dans  l’après-midi, son Exc. Mgr Barthélemy ADOUKONOU, Secrétaire du Conseil Pontifical de la Culture, fait une présentation sur « La création du Forum ‘Foi-Culture-Développement’ ». Il a tout d’abord indiqué aux membres du Comité que c’est à la demande de son Em Ivan Cardinal DIAS, alors Préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, que le projet du Forum « Culture et Développement » est devenu Forum « Foi-Culture-Développement ». La Foi y a été ajoutée pour souligner la dimension essentielle de l’évangélisation et pour éviter toute réduction séculariste du concept de culture.

Après avoir rappelé les raisons historiques qui rendent importante l’institution d’un tel Forum non seulement en Afrique mais aussi en Asie et en Océanie, il a souligné la chance qui est donnée à l’Afrique à travers ce projet d’apporter sa contribution à l’édification de l’Eglise comme un Sujet historique interculturel de qualification théologique propre. Les retombées positives de cette situation sont incalculables tant pour une Afrique en mal de développement que pour l’Eglise elle-même qui se voit ainsi parée de toutes les richesses des peuples.

Quelle sera la nature de ce Forum à créer ? Pour aider le Comité de pilotage à répondre à cette question, Mgr Adoukonou présentera le modèle d’organisation du Conseil Pontifical de la Culture (CPC) et celui du CELAM (Amérique Latine).

Au cœur du modèle du CPC, trois acceptions de la culture sont prises en compte :

-          Concept scientifique/séculier : Le Parvis des Gentils

-          Concept scientifique/digital : cultures émergentes

-          Concept phénoménologique/analogique

Il résulte de là que la création du Forum Foi-Culture-Développement pourrait avoir une double valence :

-          - être un creuset actif d’élaboration d’une identité culturelle dynamique qui rende possible un vrai développement du Continent ;

-          - être un sujet en partenariat de dialogue avec  le CPC qui deviendrait pour ainsi dire le Dicastère de l’inter-culture, ou du dialogue et de la communion interculturelle en actualité vive.

Du Modèle du CELAM, deux points émergent :

-          L’option préférentielle pour les pauvres

-          Pour une efficacité historique durable un organe pastoral doit être suscité par les défis pastoraux eux-mêmes : c’est le besoin qui crée l’organe.

Il revient au SCEAM, prenant au sérieux l’âge patristique de nos Eglises et s’inspirant du modèle des Pères, de donner à l’Eglise en Afrique une structure d’action pastorale à la hauteur des défis rencontrés. Ceux-ci doivent intégrer des phénomènes comme la globalisation, l’intensification du phénomène migratoire, la création par l’internet d’une nouvelle culture. Le Forum doit accorder une place de choix aux fidèles laïcs dans leur ensemble, surtout aux femmes et aux jeunes. Il doit promouvoir des dimensions comme le droit, l’éthique, la biodiversité, l’éducation, la spiritualité, le dialogue interreligieux et le bien commun.

Un questionnaire en 10 points proposés par Mgr Adoukonou fit ensuite l’objet d’une réflexion de l’ensemble du Comité :

1-     Pour quelles fins voulons-nous créer le Forum ? (il est nécessaire ici de le définir en termes clairs, précis).

2-     Quelle structure faut-il mettre en place pour cela ?

3-     Qui seront les membres du Forum ?

4-     Sera-ce une structure  autonome ou une partie constitutive du SCEAM ?

5-     Si elle est autonome qui la financera ?

6-     Si elle n’est qu’un département de plus dans le SCEAM, comment évitera-t-elle le risque de réduction à une structure simplement administrative ?

7-     Quelles relations existera-t-il entre cette structure, le CPC, et le Saint Siège ?

8-     Quel serait son rôle au sein des ONG et des autres Organisations Internationales, africaines ou autres, de culture? Comment va-t-elle jouer ce rôle ?

9-     Quel sera son travail d’une part, avec les gouvernements de chacun des pays africains, auprès des Organisations économico-politiques régionales comme la CEDEAO, et continentales comme l’UA ? d’autre part avec les Ambassadeurs des pays africains près le Saint Siège ?

10-A la réunion constitutive de Dar-ès-Salam en novembre prochain, il ne sera pas question  de débat théologique, anthropologique ou sociologique. On se concentrera exclusivement sur la structure, sa formation et le travail qui sera le sien. Bref, on ne devrait parler que des questions énumérées ou d’autres similaires.

Des échanges, une fiche sur la nature du Forum a été élaborée (cf. Annexe). Les membres du Comité se sont ensuite répartis en deux groupes pour discuter sur le contenu intellectuel de la rencontre de Dar-es-Salam et sur ses aspects logistiques et financiers.

Après la séance de mise en commun des travaux de groupe et les précisions apportées sur les tâches à faire d’ici à la rencontre de Dar-es-Salam, surtout en manière de communication et de prise de contact avec les personnes ressources pressenties pour l’animation des Assises de novembre 2012, le Cardinal SARR remercie les différents participants à ces deux jours de travail à Abidjan. Une célébration eucharistique avec la communauté chrétienne du Centre CERAO de Pastorale et Mission (CCPM) mit fin à l’Atelier.

Fait à Abidjan le 11 juillet 2012

Le Comité de pilotage du Forum

ANNEXE I

FICHE SUR LE FORUM

1.      Vision et finalités

La vision du Forum est : Permettre à l’Eglise en Afrique de contribuer à la promotion d’un développement conforme au Dessein de Dieu, c’est-à-dire responsable, solidaire et intégral (cf. Populorum progressio et Caritas in Veritate).

Le Forum devra aider au renforcement de la conscience de ce que « être Eglise » veut dire. Il devra être un lieu de conscientisation toujours plus intense du Sujet ecclésial africain et d’effectuation de la tâche qui est la sienne en cet « âge patristique » de l’Eglise en Afrique.

Le Forum aidera aussi le sujet ecclésial africain à s’imprégner toujours mieux de sa mission de mettre l’homme debout : lève-toi, prends ton grabat et marche ! (Africae Munus). Il sera un service de l’Eglise en vue de la proclamation de l’Evangile du salut qui humanise l’homme et le conduit à prendre en main sa destinée.

Le Forum sera un creuset où les fidèles du Christ pourront discuter, élaborer et proposer à l’Eglise et à toutes les forces vives de l’Afrique des visions, des stratégies et plans, pour sauver l’Homme noir dans son unité et sa totalité et renouveler la société africaine.

Ce Forum sera l’organe de dialogue interne de l’Eglise en Afrique. Il sera un lieu de mise en relation effective et efficace du Sujet ecclésial SCEAM avec toutes les organisations porteuses du souci qui est le sien : « Quelle culture pour quel développement ? »

Le Forum sera également l’organe de dialogue de l’Eglise africaine avec les hommes de culture, les hommes de science, les hommes d’Etat sur les questions religieuses, culturelles, politiques, sociales, éthiques et économiques avec leurs interconnexions.

Le Forum réunira tous ceux qui constituent, par leur savoir, savoir-faire et savoir-être, leur situation et activité, des leviers certains pour l’enracinement de la foi dans la culture, et pour le progrès civique, économique et social des masses africaines.

Le Forum fonctionnera comme un observatoire permanent des émergences nouvelles en matière de culture pour le développement de l’Afrique. Il sera le lieu de fermentation consciente d’événements qui deviennent culture, ou de transit de l’histoire en culture, de création d’événements/culture, de mise en lumière des formations historiques dont le jeu dialectique aboutissent à des compromis vécus durables, ce qu’on appelle culture.

Le Forum accordera une place de choix aux femmes, aux jeunes et aux forces sociales émergentes. Il aura à cœur de promouvoir toute initiative, conforme au dessein de Dieu, qui les rende plus conscients de leur vocation et de leur mission pour un développement plénier de l’Afrique.

2.      Structure proposée

Le Forum sera un organe du SCEAM. Il disposera d’un Bureau avec un Directeur chargé de l’animation.

Il comportera un noyau plus étoffé qui, en lien avec le Directeur, jouera le rôle de Comité de pilotage.

Il disposera également de membres correspondants  dans chaque région du SCEAM

3.      Membres

Seront retenus comme membres du Forum des personnes qui, par leur savoir, leur savoir-faire et leur savoir-être, constituent les leviers pour la promotion de la foi et de la culture comme ferment de développement selon le plan de Dieu.

Il faudra distinguer les membres permanents des personnes ressources auxquelles le Forum pourrait faire appel comme experts.

4.      Lien avec le SCEAM

Le Forum a pour mission d’explorer les champs anciens et nouveaux, de les discuter et de les remonter au SCEAM en vue d’orientations, de lignes d’action et de démarches concrètes. Il collabore avec les organes du SCEAM concernés par son domaine spécifique.

5.      Lien avec le Conseil Pontifical de la Culture (CPC) et le Saint-Siège

Par son lien avec le SCEAM, cet organe est directement en lien avec les Dicastères romains correspondants : le CPC et la Propaganda.

Habilité par le SCEAM, cet organe travaillera en partenariat avec les Dicastères romains en vue de la promotion de l’interculturalité et du développement selon le plan de Dieu.

6.      Mission auprès des ONG et Organisations Internationales (OI)

Le Forum se mettra en dialogue avec les ONG et OI de culture et de développement. Il sera l’organe du dialogue et de collaboration entre le SCEAM et ces organismes. Il lui reviendra de proposer aux observateurs permanents de l’Eglise auprès des instances régionales et continentales comme la CEDEAO et l’Union Africaine, des fiches d’action et des prises de position. Par son Bureau et en lien avec le Saint-Siège, le Forum pourra collaborer avec les ambassadeurs près le Saint-Siège à une meilleure prise de conscience des décideurs politiques sur l’importance de la culture pour le développement en Afrique.

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